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Le travail standard: est-ce la première étape du lean?

La plupart des experts et les pratiquants du lean s’accordent en général sur un point. Avant de déployer tout outil du lean, il est important d’avoir un minimum de stabilité dans l’usine.

Maintenant observons une usine. Qu’est-ce que l’on y trouve ? Des machines, des hommes et des pièces. Les machines et les hommes sont des « éléments actifs » du système alors que les pièces sont des « éléments passifs ». Pourquoi cette différenciation est-elle importante ? Eh bien, parce les « éléments actifs » génèrent des événements alors que les « éléments passifs » ne peuvent que les propager. En d’autres termes, à l’origine de toute perturbation, il ne peut y avoir que l’homme ou la machine. Ces deux éléments doivent donc êtres traités de manière spécifique. Le bon fonctionnement des outils lean dépend beaucoup de ces deux éléments. Alors, comment faire pour obtenir la stabilité ? Et, par quoi faut-il commencer ? La machine ou l’homme ? Le mieux, en général, est de commencer par la machine. Cela permet d’éviter notre exercice favori le « finger-pointing » au début, quand les principes du lean ainsi que la culture n’est pas encore partagés par tous. De plus, il est impossible d’organiser quoi que ce soit si le fonctionnement de machine n’est pas stable. Que va-t-on rechercher à faire? Deux choses : travailler sur la disponibilité et la capabilité des machines. Le meilleur outil pour améliorer la disponibilité de machine est la TPM qui de ce fait constitue, à mon avis, l’étape zéro du lean. Avant de déployer quelque outil lean que ce soit, il est important de vérifier tout d’abord que vos machines sont disponibles. C’est-à-dire qu’elles sont fiables et bien maintenue. Les indicateurs tels que le MTTR (mean time to repair) et le MTTF (mean time to fail) peuvent être intéressants à suivre. Après cela, vient la capabilité. Il existe plusieurs outils pour les adresser : du « 5 pourquoi » au Six-sigma. Choisissez le bon outil, en fonction de la complexité et des enjeux du problème. Après s’être occupé de la machine, vient le moment de regarder l’autre « élément actif » : l’homme. En réalité, il s’agit ici de l’homme dans son interaction avec l’environnement (machine, pièces et autres). Cette interaction est quelquefois appelée process ou méthode de travail. La méthode de travail doit être étudiée, analysée, et stabilisée. Le plus important dans cette étape est d’abord la stabilité (moins les gains des chantiers Kaizen). Cela dit, qu’est-ce qu’il y a de plus stable en termes d’organisation ? L’Organisation cyclique du travail est la plus stable. Et après cela, on est prêt à déployer le travail standard… J’y reviendrai dans un futur post. En d’autres termes, les pré-requis du travail standard sont : une bonne disponibilité des machines, une bonne capabilite des machines et une organisation stable (cyclique) du travail. La réponse à la question en titre est bien « non ».

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  1. Frédéric
    12/06/2009 à 15:26 | #1

    Bonjour,
    votre post, très intéressant par ailleurs, m’inspire la question de l’utilité des standards pour des industries produisant de la petite série, qui doivent être flexible et adapté en permanence leur production à la commande…Comment dans ce cas là initié une démarche lean reposant sur la standardisation ?
    Cdlt,
    Frédéric

  2. Alain Patchong
    13/06/2009 à 19:11 | #2

    @Frédéric
    Bonjour,
    Votre question est très pertinente et elle revient très souvent quand je fais des formations sur le travail standard. En réalité, la flexibilité et la standardisation sont les deux faces de la même pièce qui s’appelle « performance ». Dans la petite série, quand les standards sont correctement définis (pour « tous » les takt times et « tous » les types de produits) on peut passer d’un Takt time ou d’un type de produit à un autre sans perte de temps. On peut plus facilement former les operateurs et les rendre multitâches. J’uilise des guillemets pour signifier le fait qu’il est important de définir des paliers pour ne pas se noyer… Par exemple, vous pouvez définir les standards pour 2 ou 3 Takt times maxi et utiliser d’autres leviers pour augmenter votre flexibilité : exemple le temps de production (les heures supp…)
    Il est également important de garder la notion de « points clés » lors de la mise en place des standards. En d’autres termes tout ne doit pas être sujet au standard (ce n’est pas le système soviétique).
    Cela dit, la définition et la mise en place des standards peut prendre du temps mais on est largement récompense à la fin.

    Pour une réflexion plus générale sur l’innovation (connexe à la flexibilité) et la standardisation je vous renvoie a mes deux posts suivants :

    http://www.leanmachinesquare.com/2009/04/15/enquete-businessweek-2009-les-50-entreprises-les-plus-innovantes/

    http://www.leanmachinesquare.com/2007/06/21/mais-qui-a-dit-que-toyota-n%e2%80%99innovait-pas/

    J’espère avoir apporté quelques éléments de réponses à votre question.

    Très cordialement,

    Alain Patchong

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