A quand un véritable plan pour la sécurité sociale ?
Breaking news : Le fameux « trou de la sécurité sociale » devrait atteindre les 20 milliards d’euros cette année. Selon BFM TV que je regarde actuellement, les pistes qui vont être proposées comprendront les deux actions suivantes :
- Plus de contrôles pour lutter contre les arrêts de travail frauduleux.
- Chasse aux gaspillages
Que valent ces deux pistes ?
Commençons par la première proposition. Elle est la plus politiquement facile à vendre. Traduction « l’une des causes de nos problèmes vient des gens qui trichent ; on va les attraper et les punir ». Quoi de plus logique et de plus juste que les « méchants tricheurs » soient punis… La réalité est que l’impact de la fraude dans un système comme celui-là doit être marginal. Sur quoi me je me fonde ? Eh bien, sur mon intuition et l’expérience des autres. Un ami, expert du lean dans la santé aux US (Healthcare), m’a raconté l’histoire de la mise en place d’une entité de contrôle par une compagnie d’assurance de premier plan aux US. Rappel : le gros de l’équivalent de notre sécurité sociale est privatisé aux US et tenu par des compagnies privées. Cette entité de contrôle avait, au fil des années, grossit pour faire face au besoin de plus en plus grandissant de contrôles dans le système au point d’occuper un immeuble tout entier. Un jour, dans le cadre d’une réflexion lancée sur la réduction des coûts, quelqu’un a lance une idée surprenante : « supprimer cette entité de contrôle ». Ceci fait, du reste, sens du point de point de vue du lean car toute opération de contrôle est de la non valeur ajoutée. Croyez-le si vous voulez, après études, ils se sont rendu compte que cette solution allait permettre à la compagnie de faire de gains très importants. Cette solution fût mise en œuvre et les gains confirmés. Conclusion n’oubliez pas que toute opération de contrôle reste de la non valeur ajoutée après tout. Plus on en fait plus on rajoute de la non valeur ajoutée au process…
Qu’en est-il de la deuxième proposition ?
Je ne peux que l’approuver… Il s’agit là d’une vraie piste mais comme le dirait Deming « par quelle méthode ? » Dire qu’il faut réduire le gaspillage est du bon sens mais le faire concrètement est une autre histoire. Va-t-on réellement appliquer les concepts du lean ? Va-t-on se focaliser sur des solutions techniques et sur les opérations d’abord au lieu du flux ? Histoire à suivre, d’autant plus que cela fait des années que ce « trou de la sécu » se creuse… Selon BFM TV, la dette cumulée de la sécu pourrait dépasser les 100 milliards au 31 décembre, soit 1.700 euros pour chaque Français. Il va falloir qu’un jour quelqu’un s’en occupe sérieusement.

Bonjour,
vous dites que le contrôle est de la non valeur ajoutée et n’est pas Lean.
C’est probablement vrai. Néanmoins, Toyota et certains autres grands constructeurs automobile dans son sillage contrôlent les véhicules qu’ils produisent pendant et en fin de processus de fabrication. Cela peut aller jusqu’à plus de 2000 points de contrôle sur 100% de la production. Et Toyota passe pour être une entreprise lean.
Cordialement,
Frédéric.
@Frédéric
Fréderic,
Merci de votre commentaire très pertinent.
Toyota fait des contrôles mais uniquement quand cela est absolument nécessaire. Justement parce que cela n’est pas le la VA. La qualité du produit étant de la plus grande importance, en dernier recours, entre deux maux (faire de la non-VA ou fournir un produit défectueux au client), Toyota choisi le moindre …
Pour éviter de faire des contrôles, ils prêtent une attention particulière à la conception de pièces de manière à éviter que leur forme ou la technique / technologie d’assemblage génère des problèmes de qualité. Puis vient deux concepts liés au Jidoka : « built-in quality » process afin d’éviter les contrôle massif et couteux en fin de ligne. Ensuite les lignes doivent pouvoir être « autonomous ». C’est-à-dire s’arrêter avant de produire toute pièce défectueuse…
Cordialement,
Alain
Bonjour
Votre exemple sur cet ajout de contrôles pour lutter contre la fraude est assez parlant. Cette surqualité est un élément assez difficilement détectable dans le cadre du Lean Office (s’agissant d’un atelier on arrive plus intuitivement à visualiser ce tupe de Muda). C’est même un vrai phénomène de fond que de se “créer” du travail qui est directement de la NVA.