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PSA Peugeot Citroën : est-ce le retour vers le futur ?

Le nouveau PDG de PSA, Philippe Varin, a profité de la présentation des résultats de son groupe pour présenter sa stratégie pour les années futures. Il s’est fixé 3 objectifs :

  • Faire croitre le groupe pour en faire un «acteur mondial» de l’industrie automobile.
  • Etre à l’avant-garde de l’innovation
  • Améliorer l’efficacité opérationnelle du groupe afin qu’elle soit plus rentable.

 Ce qui m’a frappé en prenant connaissance de trois objectifs est la similitude avec le discours de Jean-Martin Folz il y a 11 ans (Croissance, Rentabilité et Innovation). Serait-on en train de reprendre le cours des choses chez PSA après l’intermède Streiff ?

 Autre point qui m’a frappé dans la communication de Philippe Varin, la promesse de la  voiture hybride (Diesel – Electricité) rechargeable.  Initialement prévue pour 2008, il semble que le projet ne prendra forme qu’en 2012. C’est-à-dire 15 ans après la première Prius, sortie en 1997 ! Je voudrais rappeler ici que les constructeurs français (Renault et PSA) se sont complètement trompés sur ce dossier en rejetant dès le départ cette technologie…  Même Carlos Ghosn, qui est pourtant considéré comme l’un de meilleurs dirigeants (si non le meilleur) du Cac 40, est passé à coté du sujet… C’est une petite leçon d’humilité pour les grands stratèges ces deux entreprises.

 S’agissant des possibles alliances pour devenir un «acteur mondial» de l’industrie automobile, après avoir  ratée l’opportunité d’un deal avec Chrysler, il ne reste plus beaucoup de candidats… Le plus crédible semble être Mutshibishi à ce jour….

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  1. The dudde
    31/07/2009 à 19:36 | #1

    Alain,

    je souhaite réagir à ton post sur plusieurs points.

    Le premier, en ce qui concerne les 3 objectifs.
    P.V souhaite que le groupe PSA soit plus blobal (ou mondial)…Je
    trouve cette déclaration stupéfiante en 2009, cela revient à avouer
    que
    ce groupe à une bonne trentaine d’année de retard en matière
    d’internationalisation.
    P.V souhaite que le groupe PSA soit à l’avant garde de
    l’innovation…Bon, c’est une bonne idée, il semble qu’effectivement
    l’innovation soit un avantage concurrentiel. Je m’interroge cependant
    sur la plus value d’une telle déclaration. Un bachelier aurait pu
    fixer une telle ligne directrice. On est quand même très proche de la
    tarte à la crème.
    Quant à améliorer l’efficacité opérationnelle, même chose.

    En résumé, les 3 objectifs fixés par P.V pour ce grand groupe me
    paraîssent être des lieux communs qui montre un certain manque de
    vision
    stratégique. Est-ce par ce qu’il est nouveau dans l’entreprise ? Est-ce
    par ce que le monde a bougé sans PSA…?

    Le deuxième, c’est la stratégie en ce qui concerne les voitures
    hybrides. D’accord avec toi, les français ont encore des années de
    retard sur la bonne concurrence. Cela corrobore d’ailleurs mon premier
    point.

    Le troisième sur les alliances. Exceptionnellement, je pense que la
    stratégie de coopération de PSA est une bonne stratégie et que ce
    groupe
    devrait déjà positionner clairement ces 2 marques afin qu’elles ne
    soient plus en concurrence frontale avant d’envisager d’autres choses.
    VAG l’a parfaitement fait avec ses marques et on voit où cela l’a mené.

    Enfin, lorsque je regarde les directoires des constructeurs automobiles, je
    m’aperçois que tous les meilleurs (Toyota, VAG, Honda, …) sont composés
    de gens du métier, qui ont souvent fait leurs carrières et leurs preuves
    dans l’entreprise. La composition du directoire de PSA (Philippe Varin, JM
    Gales, G Faury, O Gregoire, F Saint-Geours) n’est composé que de 2
    professionnels du secteur (JM Gales et F Saint-Geours) et des secteurs
    aussi stratégiques que les programmes ou l’industriel sont dirigés par des
    gens recrutés à l’extérieur dans d’autres métiers. A mon sens, cela
    illustre parfaitement la crise du management français, incapable de se
    renouveler et de sortir du cercle vicieux des diplômes et de la cooptation
    par les réseaux.
    En attendant, Porsche, constructeur le plus rentable du monde, va être
    dirigé par son ancien responsable de la production, celui-là même qui a
    introduit avec succès le Lean dans l’entreprise…

    Cordialement,

    The dudde.

  2. Alain Patchong
    05/08/2009 à 14:41 | #2

    @The dudde
    Merci The dudde pour ce commentaire très pertinent qui vient littéralement « des tripes »… Je rajouterais sur le point concernant la croissance deux ou trois réflexions que j’ai déjà faites sur ce blog. Tout d’abord, la croissance ne peut pas être une stratégie en soit … Même Toyota l’a appris a ses dépends. Cela dit, quand on décide de faire de la croissance, il faut alors examiner toutes les options. Cela inclue certes des collaborations ponctuelles mais pourquoi pas des fusions ? Certes, la fusion doit se faire avec beaucoup de prudence car cela est un énorme challenge plein d’obstacles. Des études sérieuses ont montré que la plupart des fusions se terminaient par un échec. Si les gens apprenaient des statistiques, il n’y aurait plus de fusion. En cela, je tire mon chapeau a Calos Ghosn pour ce a fait avec Renault et Nissan.

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