Deux ou trois actions à prendre pour réduire les coûts dans la santé en France #2

Un des principes de base d’Obamacare est d’inciter les professionnels de la santé à se focaliser davantage sur la bonne santé des clients et non à réaliser de nombreux examens et analyses de laboratoire.
Le ” bundling”  est un des points qui est à l’origine de la réduction importante des coûts. Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien, prenons un  exemple simple. Si vous devez avoir une opération du genou, la sécu américaine ne paiera l’hôpital qu’une seule fois –un montant déterminé à l’avance suivant l’opération nécessaire. Si par la suite, vous devez revenir parce que le chirurgien a commis des erreurs, eh bien, les frais supplémentaires seront supportés par l’hôpital. En clair, la Sécu ne paiera plus rien. On ne paie plus au “geste” (ce qui a tendance à récompenser les mauvais médecins) mais par rapport à une finalité (ce qui bénéficient aux meilleurs médecins). Du coup, le système a vu le nombre réadmissions chuter drastiquement. Ce qui a conduit à une forte réduction des coûts pour tous (la Sécu, les hôpitaux et les patients). Tout le monde y a gagné ! Bien sûr on a noté une légère augmentation des prix (de l’ordre de 6.5%) pour, je suppose, “garantir ” ou anticiper les risques de réadmission. Toutefois, au final, les gains ont largement dépassé ces légères augmentions des tarifs.

Un autre point, et non le moins important, est l’utilisation de la technologie qui est massivement utilisée pour réduire les coûts. L’une des causes de l’opposition des médecins au tiers payant généralisé est ce qu’ils appellent “la paperasse”. Des solutions technologiques existent aujourd’hui pour réduire voire éliminer le temps nécessaire à la paperasse.

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Deux ou trois actions à prendre pour réduire les coûts dans la santé en France #1

Au moment où l’on parle de la réforme de la santé avec, en filigrane, les questions sur comment réduire les coûts dans la santé en France, je voudrais proposer 2 ou 3 idées venues de l’autre côté de l’Atlantique. En effet, depuis la réforme de la santé lancée par Barack Obama en 2010 les coûts de la santé ont crû à un rythme moyen de 1,6% seulement. Ce taux de croissance est le plus faible sur une telle période depuis 50 ans! Pendant les 12 derniers mois, ce taux à d’ailleurs chuté à 1,1%.  Les dernières projections font apparaître une économie de 175 milliards de dollars  (par rapport à celles effectuées en 2010) en 2020. Quelles en sont les raisons?
Cela dépend à qui on pose la question. Toutefois, les experts citent un certain nombre de points inclus dans la loi “Affordable Healthcare Act” ou “Obamacare”. J’y reviendrai dans mon post suivant.

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Comment bien former vos operateurs peut augmenter leur production de 40% environ

Livre disponible sur Amazon.fr

La formation des opérateurs n’est pas une dépense mais bel et bien un investissement. Un opérateur bien formé peut augmenter sa production d’environ 40%.

Pour  former de manière efficace il convient de respecter des règles très simples expliquées dans mon dernier livre –il est disponible en précommande sur Amazon.

La figure ci-dessous compare les performances de deux opérateurs : l’un correctement formé et l’autre placé sur la ligne sans formation. L’écart, qui représente la différence entre les aires, est de 38%. J’ai personnellement vu des cas ou la production a été doublé – c’est-à-dire +100%. J’y reviendrais dans mes prochains posts

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Micro-management: une fausse bonne idée qui a du succès

J’ai finalisé il y a plusieurs semaines le manuscrit de mon dernier livre sur la formation et l’audit du travail standard. Sa parution est prévue avant la fin de l’année. Dans ce livre, je souligne, entre autres, l’importance de l’organisation dans la démarche. Ceci me donne l’occasion de discuter d’une fausse bonne idée qui semble avoir beaucoup de succès. Elle a été lancée il y a quelques années par Jack Welch, alors CEO de GE. Voici l’idée: afin d’éviter que le manager fasse du micro-management, s’assurer qu’il manage au moins une quinzaine de personnes. Ainsi, n’ayant pas le temps matériel de micro-manager une large équipe, il n’aura pas d’autre choix que d’abandonner cette pratique. J’avoue que c’est une solution efficace qui marchera à tous les coups. Seule problème, il s’agit d’une fausse bonne idée car en surchargeant le manager (c’est le cas) on le prive également du temps nécessaire pour assurer les activités de développement de ses collaborateurs -qui, comme nous le savons tous, est une dimension importante dans le lean management. Un exemple qui me vient en tête est celui de la limitation des vitesses sur autoroute. Il existe des solutions qui seraient très efficaces: limiter la vitesse des voitures à 130 km/h, créer des nids de poules ou créer des dos d’ânes pour forcer le conducteur à ralentir. Ces méthodes fonctionnent mais peuvent être très dangereuses. Par exemple, les dos d’ânes sont utilisés dans un pays africain que j’ai visité récemment pour s’assurer que l’automobiliste ralentisse à l’approche des péages ou des contrôles de police. Cela marche très bien mais il y a intérêt d’être très vigilant!

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Carlos Ghosn en anglais dans le texte #2

Explanation of interplay of investment and cost-cutting strategies to car racing: “A Formula One pilot, he’s constantly using the accelerator and the brakes. He uses them at the same time…to go to the max. We are at the same time accelerating and braking.”

“No system can replace people. A system makes sure there is discipline, productivity. But if people change their perception of the situation, no system can change your company.”

A Japanese manager  on Carlos Ghosn : “He is not A Japanese manager commented: “He is not Japanese, clearly, but he is not Brazilian or French either. He is a leader. If his personality reflected a strong nationality, he might not have been very successful.”

Carlos Ghosn en anglais dans le texte #1

Je suis en train de lire un article sur le redressement de Nissan par Carlos Ghosn, ci-dessous, quelques citations intéressantes.:

“If you want to mobilize 130,000 people in different cultures and different countries you have to be precise, you have to be factual, and you have to base everything you say on hard evidence that people can measure.”

“There is no problem at a car company that good products can’t solve.”

“The ultimate sacrifice for the top manager is to say I’m putting my job on the line if I don’t achieve these targets”

“What people see is what we execute. Part of my Latin surroundings is an ability to talk too much and not implement. I’ve seen it in many places – Brazil, France, and Italy – where people tend to think about a problem and talk about it without doing anything about it. The temptation to talk is so big. I consider it pleasant on a personal level; extremely unpleasant in business.”

Crise de l’élevage : Et si on discutait “excellence industrielle”?

Un petit mot pour commenter ce qui passe actuellement du côté des éleveurs -surtout ceux des porcs. Cette situation est absolument dramatique surtout pour les personnes impliquées, qui travaillent très dur depuis des années et méritent d’en vivre. Toutefois, dans la recherche de solution au problème, il y a des approches que je ne comprends pas comme l’idée de penser que le gouvernement puisse (avec ou pas d’autres partenaires) fixer les tarifs. Et voilà ! Alors que l’on est dans un marché global, dont ouvert et libre. Il faudrait que quelqu’un me l’explique! Quand on a dit cela je pense qu’il faut revenir à des choses simples. Il y a deux sorties possibles. La première est de faire de la qualité (positionnement produit) et ainsi justifier des tarifs élevés voire bien supérieurs au 1.4 euro/kg réclamés par les éleveurs de porcs. Dans l’automobile, ce serait un positionnement du type Audi. Un exemple qui gagne du terrain est le bio -ce n’est pas le seul. La deuxième est d’être le “Toyota” de l’agriculture. Cela veut dire faire de l’excellence opérationnelle en plus de l’automatisation. La situation actuelle me fait penser à un constructeur d’automobiles qui assemblerait ses voitures manuellement en France et qui essaierait ensuite de les vendre sur un marché qui propose déjà des véhicules tels que 208, Clio, 308 et autres Golf VW. Ce n’est tout simplement pas possible. En cela, l’agriculture française doit s’inspirer des transformations qu’il y a eues dans l’automobile il y a des dizaines d’années, si elle veut résoudre durablement ses problèmes. Cette mutation a déjà eue lieu dans plusieurs pays. Nous gagnerons en nous en inspirer. Dans le cadre d’un tel projet l’état peut apporter une aide utile.

Volkswagen: un géant aux pieds d’argile?

Dans le monde des constructeurs, il y a aujourd’hui le club des 3 et les autres. Les trois qui sont tout au sommet sont l’allemand VW, l’américain GM et le japonais Toyota. Les habitués de ce blog connaissent mon enthousiasme pour les constructeurs Japonais et allemands et surtout leurs passion pour la technique qui, à mon avis, est pour beaucoup dans leur succès. Je voudrais, dans ce post, faire une analyse rapide de la situation de VW qui avec un chiffre d’affaires de 200 milliards d’euros, 10,1 millions de véhicules vendus, 12 marques, 118 usines et une présence dans 31 pays, a des attributs de géant. Si la technique de Toyota est très orientée process celle de VW est plutôt orientée produit. L’un fait les voitures les moins coûteuse du secteur (pas les moins chères) alors que l’autres fait les voitures les plus “belles”. Seule problème cette “beauté” rime très souvent avec complexité – exemple de la voiture A2, en aluminium, qui a fait sa place dans le top 10 des voitures les moins rentables. Résultat des courses, selon les experts, quand VW gagne 10€ sur une voiture, Toyota en gagne 13€ sur la même. Les marges de VW en souffrent peu grâce aux belles marges que le groupe engrange sur son haut de game (10% de volume du groupe pour ~ 50% de la marge du groupe). Mais cela peut-il perdurer? Je reviendrai dans des futurs posts sur ce challenge de VW: la complexité.

Un syndicaliste aux “manettes” de VW

Berthold Huber était jusqu’en 2013 le président du tout puissant syndicat allemand IG Metall. En 2013, il démissionne pour intégrer le “Supervisory Board” de VW en tant que vice-président. En effet, il est courant en Allemagne que les grandes entreprises réservent la moitié des sièges aux représentants des employés. Suite à la démission de Ferdinand Piëch, dont la manœuvre contre le CEO Martin Winterkorn a échoué, M. Huber vient tout naturellement d’être nommé président par intérim du conseil de surveillance de VW. Il présidera à ce titre la prochaine réunion annuelle du constructeur allemand prévue le 5 mai. Il s’agit là d’un clair symbole de la grande coopération entre les syndicats et les dirigeants d’entreprises en Allemagne; à un niveau que l’on est pas prêt de voir en France. Puisse cet exemple inspirer les entreprises françaises.

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Carlos Tavares, sur RTL, affirme que le principal problème de compétitivité industrielle en France n’est pas le coût de la main d’oeuvre

Dans son interview du 14 avril sur RTL, Carlos Tavares a discuté du redressement de PSA. Les choses se passent nettement mieux depuis son arrivée et il est en passe de réussir sur son pari – chapeau! Il a dit également quelque chose de très important et c’est la première fois que je l’entends de la bouche d’un grand patron : le principal le problème de compétitivité industrielle en France n’est pas le coût de la main d’oeuvre.

“You read it here first”
Je suis heureux de cette affirmation car cela fait environ deux ans que je le clame sur ce blog avec démonstration à l’appui. Maintenant place à l’Excellence industrielle qui est la principale clé du redressement de l’industrie française!